La fleur du mal

La fleur du malDe nos jours, le fils d’une famille bourgeoise de province est de retour d’Amérique. Rien ne semble avoir changé depuis son départ, ni les sentiments qu’il éprouve pour sa cousine, ni le silence courtois qui hante la famille. Seule la mère s’est mise en tête de se présenter aux élections locales.

Bienvenue chez les Charpin Vasseur, une famille tranquille vivant des jours heureux dans leur grande villa de province. En apparence, tout va pour le mieux : la région sent le soleil et tous les membres de la famille respirent le bonheur. Mais derrière ces sourires bien-élevés, les secrets jalousement dissimulés hantent les esprits.

Mais il n’est pas question de porter un quelconque jugement sur ces affaires. D’ailleurs, celles-ci remontent à la nuit des temps et la famille les surmonte avec une parfaite dignité. Comme n’importe quelle famille. Non, vraiment, aucun jugement… Et ce n’est certainement pas cette innocente relation incestueuse qui fera changer de position un spectateur parfaitement tranquillisé.

Les jours s’écoulent. Une invisible pesanteur se fait tout de même ressentir. Le poids du passé est décidément lourd à porter… Mais il vaut mieux ne pas s’arrêter. Il est poli de rester digne.

Et puis l’insouciance, la fuite, l’oubli, l’hypocrisie ne semblent plus suffisant à étouffer les fantômes du passé. Sans esbroufe, un petit mouvement de crise transparaît. Le soleil continue de briller dans le jardin mais à peine une bribe de communication s’instaure-t-elle dans la famille que le père est officiellement considéré comme une ordure. Comme ça c’est fait.

Les secrets familiaux se multiplient, une partie de l’innocence de la famille vole définitivement en éclat. Garder la tête haute, il n’y a guère plus que ça à faire… La grand-mère l’a bien compris à force d’expérience, et elle aura tôt fait de transmettre sa vision des choses à sa petite fille. L’important, c’est d’avancer.

Final Cut

Final CutDans un futur indéterminé, des inventeurs ont créé Zoé, une puce implantée au nouveau-né et qui permet d’enregistrer en vidéo toute sa vie, de la naissance à la mort. Lors du décès, cette puce est récupérée et un monteur réalise à partir des rushes un film-hommage. Alan Hakman est l’un des meilleurs monteurs, mais il vit très mal le fait de transformer de véritables ordures en petits saints. Taciturne et solitaire, Alan n’a pas beaucoup de contact avec l’extérieur à part sa copine Delila et Fletcher, un monteur rebelle qui veut récupérer la puce du patron de « Eye Tech » avec les secrets qu’elle contient…

On aurait bien aimé défendre « Final Cut », premier film du débutant Omar Naïm. Mais celui-ci s’avère malheureusement une immense déception tant le pitch avait du potentiel. Dans le domaine de la science-fiction épurée, on a vu bien mieux avec par exemple « Cypher » (de Vincenzo Natali) pour n’en citer qu’un. À cause d’un scénario insuffisamment abouti, le film prend l’eau et la fin, abrupte, achève notre rancœur. Un coup dans l’eau, dommage.

Omar Naïm avait pourtant tout du petit génie. Ce jeune scénariste réalisateur qui a fait ses classes au Liban rêve de devenir cinéaste depuis ses douze ans. Lorsqu’il s’envole pour Boston afin d’étudier le cinéma, il voit enfin son rêve se concrétiser. Pour son premier long, il obtient Robin Williams, séduit par le scénario original du jeune réalisateur. Dans le film, Robin Williams interprète Alan Hakman, un monteur de films-hommage. Un rôle de névrosé pas très éloigné de ses précédentes prestations dans « Insomnia » (de Christopher Nolan) et « Photo Obsession » (de Mark Romanek). Malheureusement, le talent de Robin Williams ne suffit pas à crédibiliser une histoire un peu décousue.

Si l’idée d’un futur où tous nos faits et gestes sont enregistrés en vidéo sur une puce avait du potentiel, il faut bien avouer que le résultat à l’écran est décevant. Vu la minceur du budget, le côté S-F se limite à la « Guillotine », la machine à monter les videos. Le reste est tout ce qu’il y a de plus actuel avec une tendance à employer des décors très début XIXe siècle, ce qui n’apporte pas grand chose au métrage. Quant à l’intrigue, elle joue sur deux niveaux. Le côté dramatique avec un Alan Hakman qui culpabilise d’avoir laissé mourir un enfant étant jeune. Et le côté manipulation avec un monteur qui veut à tout prix récupérer la puce du patron de « Eye Tech », la société qui fabrique les dites puces. Il espère ainsi pouvoir mettre à jour les malversations dont serait coupable « Eye Tech ». Si la première intrigue se conclut de manière classique, le volet de la manipulation conclut honteusement le métrage. Aucune explication, aucun détail supplémentaire sur d’éventuels procédés malveillants. Le réalisateur préfère le pathos en faisant mourir le héros. Un choix d’autant plus énervant qu’on aurait préféré que toutes les possibilités du pitch soient exploitées. Manipulation des médias, rapport à l’intimité, monde sous surveillance, tout cela est évacué bien trop rapidement car traité avec une trop grande superficialité. Un comble pour un film sensé faire réfléchir.

Ce film aurait sans aucun doute fait un excellent court-métrage, voire un bon moyen-métrage. Mais il s’avère au final un bien décevant long-métrage. Pourtant, aucun doute que le cinéaste avait su s’entourer de talents. Côté cast, outre Robin Williams, on trouve aussi Jim Caviezel (« La Passion du Christ » de Mel Gibson) dans le rôle de Fleicher, et Mira Sorvino qui joue Delila, une jeune et jolie blonde dont on se demande bien ce qu’elle peut trouver au taciturne Alan Hakman. Côte musique, c’est Brian Tyler ( « Constantine », « Godsend ») qui s’y colle. Enfin, le directeur de la photographie n’est autre que le talentueux Tak Fujimoto ( « Le Silence des Agneaux », « Philadelphia »), qui s’en est donné à cœur joie. Si les décors sont très classiques, ils sont en revanche superbement mis en valeur et l’éclairage donne une touche futuriste discrète, quasi-onirique à certains moments (les films-hommage notamment). Comme quoi une addition de personnes talentueuses ne donne pas forcément un bon film.

En fait, on n’attendait rien du tout de ce jeune cinéaste et on est d’autant plus frustré que ce produit indépendant contient tous les éléments d’un film en marge du système. Un pitch intriguant qui décrit un futur diabolique où Big Brother se niche dans notre tête. Ainsi savoir que tous nos faits et gestes sont constamment surveillés modifie notre comportement, notre manière d’agir, de réagir, de dire ou non certaines choses. Les pistes de réflexion sont multiples et les variétés de traitement d’un tel thème illimitées. Omar Naïm se contente d’un ressort dramatique usé jusqu’à la corde et d’une manipulation de bas étage. Malgré tout, il faut lui reconnaître un excellent sens de la mise en scène et des idées novatrices. Il disait à propos de son film qu’il aurait fait un excellent métrage de fin de carrière. On ne peut qu’aquiescer et reconnaître qu’au point où il en est, son sujet l’a largement dépassé. Alors comme on dit dans ces cas-là, on attend (quand même) impatiemment la suite.

La fin des temps

La fin des tempsLe 31 décembre 1999 est la date où le diable doit s’unir avec une  » élue  » pour assurer sa descendance et régner sur l’univers pour une période de 1000 ans. Jerico (Arnold Schwarzenegger), un raté alcoolique vient se mêler de l’affaire et tente de sauver  » l’élue « .

En cette période de fin d’année et de passage à l’an 2000 (nous ne changeons pas de millénaire, je le rappelle…), les gros studios hollywoodiens nous sortent l’artillerie lourde. Cette fois-ci c’est Schwarzy qui s’y colle et il va nous sauver de l’enfer… Ce film d’action qui se veut relativement nouveau par son thème principal qu’est l’arrivée de l’ange noir sur terre nous promettait quelques images intéressantes. On peut en trouver quelques unes, mais c’est surtout grâce à une réalisation classique mais assez efficace et une musique qui colle bien au film que ce film est une  » petite daube  » et non pas le nanar ultime. Car, en fait, tous les éléments de la bouse étaient plus ou moins réunis, un script qui aurait tenu sur une demi page, un acteur au talent plus que discutable, et un dialoguiste qui doit avoir du mal à trouver du travail après ce film. En effet, le jeu de Schwarzy, notamment en VO, reste excellemment pauvre ; ses mimiques tiennent plus du primate que de l’être humain. Que dire des dialogues (  » vous, vous avez la bible, moi je préfère mon glock 9mm « ) sinon qu’ils sont pathétiques et souvent très mal appropriés… Enfin, la machine hollywoodienne est bien présente et ça se voit à chaque explosion de voiture qui devient alors un champignon atomique… mais bon, certains apprécient…

J’étais d’autant plus déçu que j’attendais quelque chose de ce film. Je suis sorti pas totalement dégoûté mais avec un sentiment de baclage total (en amont et en aval) pour que tout cela sorte à temps…dommage.

Le fils de Chucky

Le fils de ChuckyLes poupées maléfiques Chucky et Tiffany sont ressuscitées par leur enfant, en quête d’identité sexuelle. Il essayera également de comprendre la folie meurtrière de ces derniers, dont le but est toujours se réincarner en humains.

Depuis quelques temps, on assiste à une nouvelle mode qui consiste à remettre au goût du jour des franchises qui font l’objet traditionnellement de « direct-video ». Ainsi peut-on voir depuis quelques années maintenant les retours tonitruants de Michael Myers (2 fois), Jason (2 fois), Freddy (compère maléfiques dudit Jason) et Chucky, qui, après nous avoir fait découvrir en 1998 sa douce moitié dans un moyen « La fiancée de Chucky » (Ronny Yu), nous présente son jeune enfant (Glen), dans une surprenante nouvelle aventure.

La surprise vient du fait qu’elle pousse le renouveau introduit dans « La fiancée de Chucky » à un degré largement supérieur puisque le réalisateur, Don Mancini, s’amuse véritablement à montrer les exploits sanglants de ses poupées qui ont définitivement le 1er rôle puisqu’elles monopolisent la plupart des dialogues et des scènes.

Ceci permet d’approfondir les relations père/mère/fils car l’arrivée de Glen, en quête d’identité sexuelle, va orienter la vie de ses parents fraîchement ressuscités : Chucky va tenter de développer une relation avec son fils, basée sur la réalisation commune de meurtres, tandis que Tif va essayer de se désintoxiquer de sa folie meurtrière pour devenir une mère exemplaire. Autant le dire, ce sera source d’une débauche de situations gores et hilarantes!

Les deux personnages humains clés du film, Redman et Jennifer Tilly, jouent leur propre rôle dans un délire parodique qui les honore véritablement. Cibles des poupées démoniaques qui n’ont de cesse de vouloir se réincarner dans des corps humains (et quel meilleur choix que des stars du show-biz ?), Tilly et Redman entretiennent une relation qui n’arien d’ambiguë! Tilly tente de relancer sa carrière en incarnant la Vierge Marie dans un film de Redman, lequel résiste très difficilement aux charmes de la comédienne…
Là encore ce sera l’occasion de moments savoureux ainsi que d’échanges plus amusants les uns que les autres entre les protagonistes.

Une véritable réussite pour les amoureux de la poupée.

Le fils

Le filsQu’est ce qui fait la force d’un film ? Son scénario ? ses acteurs ? la beauté de ses images ? ou bien son rythme ? Si la dernière réponse donnée est la bonne, alors « Le fils » est très certainement l’un des meilleurs films francophones sortis cette année.
Certains critiques ont qualifié le dernier long métrage des frères Dardenne de « thriller ». A priori aberrant sur le papier quand on a lu le synopsis (l’histoire d’un prof et de son élève en Belgique) ce terme prend tout son poids et sa justesse quand on se retrouve devant le grand écran. Ce film est bien un thriller déguisé en drame, un thriller au sens où le rythme imposé au spectateur n’a de cesse de l’oppresser et de le tenir en haleine.

Le film commence abruptement, sans preambule, on se retrouve plongé au coeur du problème, dans le corps même de son personnage principal, Olivier (Olivier Gourmet, qui n’a pas volé son prix à Cannes). Ce corps, presque continuellement filmé de dos pendant les 20 premières minutes renferme en lui un secret, une faille réouverte par l’arrivée de cet élève qu’il commence par refuser dans son cours pour finalement accepter. Cette faille est tue pendant un bon tiers du film, pourtant on la sent sourdre et etouffer ce corps qui a du mal à respirer. Ce secret, vérité cachée, travaille le corps d’Olivier comme lui et ses élèves travaillent le bois dans l’atelier. Et cette vérité retenue créé la vraie attente, le suspens, suspens au sens où c’est la parole qui reste en suspens, la parole jamais dite, qui impose pourtant sa présence dans la tension qui domine les plans.

Cette tension est palpable dans le jeu d’Olivier Gourmet (le regard tendu comme une corde prête à briser, la respiration hachée de celui qui cherche son oxygène et des réponses à ses questions), mais aussi -et surtout peut etre- dans la façon dont les Dardenne ont choisi de poser la caméra. Le choix de filmer de dos, à hauteur d’homme, le personnage d’Olivier impose d’emblée une sensation de malaise et de doute quant à ses intentions (les coupables sont souvent filmés de dos au cinéma). Et puis filmer la nuque d’un acteur n’est jamais innocent, c’est pointer le doigt sur quelque chose de fragile, c’est faire planer une menace (les victimes aussi sont habituellement filmées de dos…).

Déjà victime ou futur coupable, la question se pose un instant quand on comprend enfin qui est cet adolescent qui obsède tant Olivier… et puis on comprend aussi que le film va partir dans une autre direction. Le thriller devient tragédie grecque (mais les genres sont ils finalement si éloignés ?) : le père qui a perdu son fils va enseigner la vie à celui qui a enlevé celle de son enfant. Pourquoi fait-il ça ? il se le demande lui même, il le hurle même, et le spectateur peut chercher toutes les réponses possibles, on ne lui en imposera pas.
Le film ne se conclue pas sur une révélation, ni veangeance, ni pardon, juste un constat, celui que la vie continue malgré tout, et qu’il faudra faire avec.

Une entreprise qui numérisera vos cassettes vidéo

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Fight Club

Fight ClubUn cadre dépressif et insomniaque rencontre lors d’un voyage d’affaire un individu qui va lui faire changer la vision qu’il a du monde en lui inculquant les valeurs d’une philosophie nihiliste, auto-destructrice et anti-sociale. Très vite, ils forment un véritable clan.

Ce film annoncé comme dérangeant, dangereux, fasciste, mais aussi puissant et impressionnant nous a obligatoirement attirés par son sujet mais aussi par ses acteurs (Edward Norton et Brad Pitt) et son réalisateur David Fincher qui nous avait gratifié d’un fabuleux ‘Se7en’ et d’un angoissant ‘The Game’.

Tout commence par le narrateur (E. Norton), 30 ans, travaillant pour un grand fabricant de voitures et insomniaque. Après avoir écumé les nombreuses réunions de malades qui le soulageaient, il fait la rencontre de Tyler Durden (B. Pitt) durant un voyage d’affaires. En revenant de ce voyage, l’appartement du narrateur a explosé et le narrateur va vivre chez son nouvel ami, Tyler.
A la sortie d’un bar, les deux personnages quelque peu éméchés commencent à se taper dessus sans raison apparente, juste pour le plaisir. C’est la qu’ils montent le Fight Club, un club de combat dans des caves avec ses règles, ses leaders et ses doctrines.

Oeuvre fantastiquement riche tant dans sa réalisation que dans ses métaphores et son dénouement, le film tire parti du jeu d’acteur fabuleux d’Edward Norton et de Brad Pitt (même si c’est vrai qu’il surjoue de temps à autre) et du talent de réalisateur de Fincher. Tous les outils de réalisation sont utilisés intelligemment et génialement. Plusieurs scènes, notamment celle de présentation de Tyler Durden par le narrateur vont sûrement rester et méritent d’être analysées à fond tellement elles regorgent d’intérêt.

La réputation fasciste du film est vraiment facile à faire et tirée par les cheveux; elle n’a pas lieu d’être (rappelez vous que certains ont traité Verhoeven de facho à la sortie de Starship Troopers) par contre le film a cet intérêt pour l’anarchie qui nous habite tous…Norton représente un personnage totalement malade (dans le sens médical du terme) mais relativement proche de nous. L’homme a toujours eu des pulsions d’annihilation de son monde. B. Pitt constitue son modèle de vie qu’il ne peut approcher tellement il est devenu un produit du système (scène des meubles Ikea…). Il rêve comme beaucoup de pouvoir combattre le système sans pouvoir réaliser ce fantasme; Il suit Tyler comme un élève suit son maître.
C’est ce coté en fait si loin mais si proche de nous qui est peut être dangereux car conjugué à la beauté des images de violence (qui peut le nier ?), il peut engendrer une génération de détraqués (même problème que pour American History X qui proposait des images fabuleusement belles de violence). Cependant le film est interdit au moins de 16 ans et mène plus à une réflexion incessante qu’à autre chose.

Je ne saurais trop vous conseiller ce retournement de cerveau qui dure bien plus que les 2h15 du film et qui vous habitera sans doute un bon moment…jusqu’au deuxième visionnage du film ???

Mettons directement les points sur les « i »; si vous n’avez pas vu « Fight Club », ne comptez pas trop sur cette critique pour vous le décrire en profondeur. Et pour cause, non seulement il est indescriptible mais en plus on se demande vraiment s’il est utile de le faire tant David Fincher a voulu avant tout faire passer un message… dont la qualité semble pour le moins douteuse…
Ce dernier a l’habitude de s’engager dans des scénarii qui prennent souvent le spectateur aux tripes, notamment dans la dernière demi-heure de ses films…Par son originalité, celui-ci ne déroge pas à la règle. Le style narratif, le montage, la B.O.(impressionnante…) et l’ambiance bien malsaine et bien disjonctée du film relève d’un travail d’orfèvre…

Cependant, le fond du film dans son intégralité reste très critiquable…Et je ne veux évidemment pas parler de la soi-disante moralité douteuse du film (on est souvent dans le second degré) : on a fait et on fera pire…Ce que l’on peut reprocher à « Fight Club », c’est son manque de régularité et de maîtrise : Ce film s’embourbe dans son propre thème (fort simple il faut dire : le sens de la vie), relevant tantôt du facile (Lorsque le Fight Club commence à se développer) tantôt du pur génie (le début ou la scène finale). De la même façon, on navigue entre deux eaux concernant le désir froid de choquer du réalisateur qui a bien du mal à parvenir à ses fins (la méthode employée était parfois proche du nullissime « 8mm », c’est a dire Hollywoodienne…). Enfin, les acteurs jouent gentiment leurs rôles de cinglés sans doute un peu écrasés par la pesanteur de la réalisation et du scénario.
Finalement, Fincher ne trouve pas ici son oeuvre la lpus aboutie, mais en tout cas on attend avec impatience ses prochains films.

Fight Club est assurément un film qui va marquer les consciences. David Fincher signe ici son œuvre la plus ambitieuse tant dans son contenu que dans sa forme.

Point commun des 3 précédents films de Fincher : l’intrigue principale suit une logique du thriller. Il s’agit d’un simple prétexte à explorer des mondes et des hommes. Ses films ont donc ainsi chacun plusieurs niveaux d’analyse. Le point extrême étant le thème sous-jacent du SIDA dans Alien3.

Dans  » Fight Club « , l’intrigue n’est plus celle du thriller. Ici, le narrateur (Edward Norton) raconte sa propre histoire, celle d’une rencontre explosive avec Tyler Durden (Brad Pitt). Fincher va aborder plusieurs thèmes durant les 2h15 que durent le film. L’un d’entre eux est assurément la naissance du chaos dans un univers ou tout paraît bouclé.

Le générique du film pose les bases de la logique du film. En montrant de manière macroscopique des cellules humaines, disposées à l’écran de manière désordonnée mais toutes reliées entre elles, Fincher prouve que le chaos fait partie intégrante de notre corps. En plaçant ce plan séquence dans le cortex humain, il prouve en même temps que ce chaos interne reste compatible avec une logique : celle de la pensée. Le chaos n’est donc pas un phénomène aléatoire, il est certes désordonné mais respecte une logique. Le film abordera entre autre le thème de la logique d’autodestruction.

La notion de chaos apparaît sous différents aspects dans toutes les scènes du film. Fincher a pris le parti de décrire le chaos comme un élément perturbateur qui casse un cycle. L’introduction du film présente donc les cycles ou cercles susceptibles d’être brisés.

L’appartement  » ikea  » est filmé par un plan magique panoramique à 360° où les meubles apparaissent progressivement. C’est le premier cercle du film. Le sort réservé à l’appartement sera connu plus tard dans le film. Dans cette même scène, un autre cercle apparaît. La vie du narrateur (Norton) est présentée comme un cycle, symbole de la routine de sa vie.

Le cercle apparaît ensuite lors du premier rendez-vous de groupe auquel le narrateur assiste. Les gens sont assis suivant un cercle. Ce cercle est la cause de la maladie à guérir. Ainsi, à la demande du psychologue, les personnes se réunissent en couple (la caméra tourne autour d’eux sur 180°). Le cercle est brisé et le narrateur n’a plus d’insomnie (les deux scènes se succèdent dans le film). Par la suite, le groupe ne sera plus disposé en cercle mais en demi-cercle (2éme rendez-vous), puis en ligne droite parallèle (3éme rendez-vous). Le narrateur n’est donc plus enfermé dans un cycle mais contrôle sa vie, symbolisée par une ligne droite.

L’apparition de Marla Singer (Helena Bonham Carter) va perturber ce nouvel ordre. Les cycles apparaissent de nouveau dans les réunions. Présentée comme une tumeur par le narrateur dans la voix-off ( » If I had a tumor, I would call her Marla Singer « ), le seul personnage féminin du film l’est aussi dans la forme : Fincher la place en noir au centre de la grotte (cerveau) imaginaire du narrateur. Leur première discussion annonce la suite du film. A l’instant où le narrateur lui adresse la parole, le café que Marla se fait déborde. Puis les cercles se font de plus en plus présents à l’écran. Dans la laverie (porte des machines à lavées en cercle), chez le vendeur de fringues (disposition des porte-vêtements en cercle), jusqu’au numéro de téléphone de Marla (contient un 0). Conséquence immédiate, l’insomnie revient.

Les scènes en avion permettent de présenter un autre aspect du personnage de Norton. Se déroulant dans le ciel et non sur terre, le narrateur n’est pas le même. Il se libère. Preuve : première discussion où il aura le dessus sur quelqu’un (il explique à une femme les règles absurdes de la compagnie pour laquelle il travaille) , première vision de destruction du monde (le crash de l’avion) et enfin Tyler. Le cercle a disparu pendant toutes ces scènes, le narrateur ne s’en inquiète plus. Il est « autre part ».

Puis une fois sur terre après la rencontre avec Tyler, les cycles apparaissent de nouveau, mais un élément de discontinuité intervient : tapis roulant (boucle) des bagages à l’aéroport où sa valise a disparu, explosion du cycle de l’appartement…

Tyler et le narrateur se revoient ensuite dans un bar. A l’extérieur, juste avant de commencer le premier combat, le narrateur présente d’avantage le personnage de Tyler. Le scénariste nous sort alors une scène mémorable ou les deux personnages s’adressent directement à la caméra donc au spectateur. Le métier de Tyler est présenté. Et là surprise : c’est un projectionniste qui s’amuse entre autrse à insérer des images subliminales dans un film. Façon pour Fincher de dire à quel point il aime le cinéma tout en ne s’éloignant pas de son sujet. Le métier de Tyler est donc de projeter  » en boucle  » le même film. La notion de cercle apparaît de nouveau. Mais il introduit un élément perturbateur (une image fictive) dans ce cycle bien établi (tout comme Fincher qui en a introduit trois dans son propre film). La réaction des spectateurs est désordonnée (une pleure, deux autres se regardent sans rien dire…) mais reste logique. Le chaos est là.

Les premières réunions du fight club à l’extérieur du bar sont différentes des réunions de groupe au début du film. Les gens sont disposés de façon désordonnée autour des deux combattants.

Un peu plus tard, une scène du film montre Tyler en train de faire du vélo dans la maison tandis que le narrateur lit un livre à voix haute. Tyler décrit des boucles entre les différentes pièces. Puis soudainement, il tombe par terre. La boucle est encore brisée.

Lors de la première réunion du fight-club dans la cave du bar, les cercles disparaissent définitivement du film. Un homme enlève une bague (cercle) de son doigt, une bulle de chewing-gum explose…Le chaos est définitivement installé.

Si dans une première partie, le chaos est décrit comme un désordre, rapidement la notion de désordre logique va prendre le dessus. La logique du chaos, au niveau mathématique, dépend uniquement des conditions initiales. Une légère variation de ces conditions peut aboutir à des résultats profondément différents. La forme du chaos est donc liée à une condition initiale. Ici Tyler est à l’origine du chaos. Il est le seul à pouvoir le comprendre, à pouvoir mener à bout le projet.

A l’image des cellules du cerveau dans le générique de début, chaque élément du chaos (les hommes du fight-club) vont progressivement se relier entre eux dans un but. Pour le cerveau, le but poursuivi est la création d’une pensée logique. Pour le fight-club, le but poursuivi est l’instauration d’un chaos. Cette liaison « inconsciente » des membres du figth-club pour une même cause est renforcée par le voyage en avion du narrateur entre les différentes cellules du figth-club présent dans tout le pays, créant ainsi des liens inconscients.

Autrement dit, le but (le chaos) et l’origine (le chaos) sont les mêmes. C’est le principe de l’autodestruction où la négation entraîne la négation. L’image du cercle aurait pu réapparaître ici mais son principe reste de tourner en rond. Fincher a préféré représenter le chaos par une ligne infinie (celle de l’autoroute). Une ligne a un but, le cercle n’en a pas. Au niveau visuel, les perspectives et les lignes sont très présentes dans la deuxième partie du film.

Mais à la différence d’une ligne d’autoroute, la ligne que suit le chaos n’est pas prévisible. La scène de la voiture où Tyler lâche le volant pour la laisser se guider d’elle-même est représentative de ce phénomène. Le chaos est incompatible avec la notion de contrôle. La destruction de l’œuvre d’art (en forme de boule) qui détruit tout sur son passage mais dont le destin semble incontrôlable en est une autre image. Le narrateur lui-même a perdu le contrôle. Son destin n’est pas maîtrisé.

Quand le narrateur commencera à reprendre son contrôle (combat individuel), le chaos disparaîtra progressivement.

On voit ainsi comment des éléments visuels fort simples peuvent expliquer une théorie qui l’est moins. Michael Crichton avait aussi remarquablement expliqué la théorie du chaos par l’intermédiaire de l’eau dans son scénario  » Jurassic Park « . Eau qui est présente deux fois dans  » fight club  » : une scène où le narrateur va éteindre le courant de la maison alors que l’eau pénètre de partout, et un membre du fight club qui arrose des passants et un prêtre (il finit par arroser la bible). Le chaos s’infiltre partout.

D’autres thèmes apparaissent dans le film de David Fincher. J’en citerai deux :

Le thème des semblants. La rencontre avec Tyler Dordon dans l’avion est basée sur les semblants tant sur le plan physique (les mallettes) que sur le plan des dialogues ( » Do you want to switch seat ? « ). Ou encore la première scène de combat entre le narrateur et Tyler où Tyler pose par terre deux bouteilles de bière parfaitement identiques. Image symétrique suivie d’un plan large où les deux individus sont face à face…Après le combat, ils finissent par partager une même bouteille…

Le thème de l’amour. Marla est présentée comme la responsable du comportement du narrateur. Lors d’une conversation, Tyler dit au narrateur :  » We are a generation raised by women. I’m wondering if another woman is the answer. ». Fincher aborde légèrement cette problématique et refuse de tomber dans la facilité (contrairement à Besson dans le 5éme élément !). Le personnage féminin est donc responsable de l’état du narrateur mais aussi finalement responsable de son sauvetage. Ce thème aurait pu être plus approfondi dans le film.